Les Suspendues


Les Suspendues est une installation sonore et visuelle qui murmure au gré des vents les révoltes d’hier et d’aujourd’hui. Sous cette passerelle sont suspendus des billets rectangulaires en acier. Sur ces billets, on trouvera imprimés des photos, des témoignages ou des documents de combats et d’engagements de tout un chacun. Les Suspendues est donc une oeuvre de lutte collective qui veut donner à lire et à voir des engagements politiques d’hier et de nos jours.

 
 

Cette installation parcourt un siècle de révoltes, d’émeutes et de soulèvements populaires dans le monde. L’ordre des billets suspendus est chronologique, mais une chronologie discontinue et fragmentée. Il s’inscrit dans un calendrier solaire en rapport aux dates d’équinoxe, quatre saisons et une année. Traversant un siècle de 1914 à nos jours, ils vous laissent le choix de créer votre parcours.

Le spectateur est corporellement impliqué dans une démarche d’exploration de cette installation qui, vue de l’extérieur, est très ouverte. Le spectateur qui y passe peut choisir d’amener à lui un billet. Un système de câble sur bobine permet à chaque billets de descendre et de remonter au plafond.

Les billets portant les révoltes sont fait rectangulaires en acier de différentes temps. Ces lames, agitées par le vent, émettent chacune une note qui correspond à une billet lorsqu’elles se touchent les unes les autres, à la manière d’un carillon. La forme de la passerelle permet aux billets d’êtres agités par le vent, ainsi les tintements renvoient aux voix de peuple, les messages et les images qui figurent sur ces billets continuent de résonner.

Nous l’avons vu au cours des décennies passées et de ces dernières années, les étudiants sont au coeur des révoltes et des révolutions. C’est de cet engagement fougueux et courageux dont nous voulons parler ici et auquel nous souhaitons rendre hommage.

Les billets sont organisés selon un axe temporel, d’il y a un siècle vers un futur indistinct. Des billets vierges sont disséminés un peu partout et parce que le temps  emporte les révoltes dans le fil de l’histoire, l’oeuvre elle-même s’efface au rythme des saisons. Les billets métalliques et leur contenu se désagrègent petit à petit au grès des intempéries pour laisser place à de futures révoltes.